Soutien au mouvement lycéen

Soutien au mouvement lycéen

Le 13 octobre 2026

Au moment du débat budgétaire, nous tenons à affirmer qu’avec plus de justice fiscale, l’état aurait les moyens de financer les besoins du service public d’éducation.

Nous vous invitons à prendre connaissance d’une petite note sur les finances publiques (en annexe)

Ce mouvement qui exprime également les peurs de l’avenir climatiques, environnementales, sociales et démocratiques rejoint les aspirations d’Attac pour un monde plus juste, plus durable et plus solidaire.

Annexe

Éléments pour comprendre les discours sur les finances publiques et les enjeux

Est-ce possible de financer un développement économique durable, les besoins sociaux – par ex un plan grand âge – la transition écologique … ?

Si non, pourquoi ? Si oui comment ?

« On » nous dit depuis des années qu’il n’y a pas assez d’argent, que les caisses sont vides, que l’état est presque en faillite, que l’on va laisser une dette insurmontable sur la tête de nos enfants : florilège

  • Plan Juppé pour réduire le déficit de la sécurité sociale en 1998
  • F.Bayrou 2007 :  Pour lui, la stratégie économique à mettre en place était évidente : « Où passe notre argent ? Je vais vous le dire, l’argent de vos impôts passent en grande partie dans le remboursement de la dette. (…) Au lieu de continuer à matraquer les Français en augmentant les impôts, il faut s’intéresser à la dépense publique… »
  • « Je suis à la tête d’un État qui est en situation de faillite sur le plan financier » F Fillion 2007

Si les caisses sont vides, c’est le fait des gouvernements de droite qui ont asséché les recettes et orienté une large part de cet argent public vers le soutien aux entreprises l’économie marchande, assène Lucie Castets (qui a travaillé à la direction générale des finances à Bercy puis directrice des finances de la ville de Paris) dans son essai « Où sont passés nos milliards ». (Édition Seuil 2025) – Un coût annuel de 211 milliards d’euros : la commission d’enquête du Sénat sur les aides publiques aux entreprises réclame un « choc de transparence », en particulier au travers d’une meilleure évaluation et la fixation de nouvelles contreparties dans leur octroi.

Cette nouvelle doctrine et idéologie du néo libéralisme date de l’époque Reagan. A contrario des gouvernements conservateurs de l’époque qui avaient le souci d’équilibrer les comptes, les néo libéraux n’ont de cesse de faire baisser les recettes publiques à coup de réduction d’impôts dans un premier temps pour tailler ensuite dans les dépenses au prétexte de réduire les déficits. (cf Anne Laure Delatte « Riches ensemble » Seuil 2026)

Cela se traduit en France par la perte chaque année de plusieurs centaines de milliards d’euros de recettes. De façon schématique pour avoir des chiffres arrondis ;

  • Entre 80 à 100 milliards d’évasion fiscale (36.000 postes de supprimés à la direction générale des finances publiques notamment de postes d’inspecteurs fiscaux (source Solidaires finances publiques)
  • 100 milliards de niches fiscales dont la plus grande partie servent à de l’optimisation fiscale
  • 100 milliards de non recettes d’impôts sur les revenus vu la diminution du taux marginal. Ce dernier a été amené à 45% sous Macron alors qu’il était de 60% dans les années 60.
  • Les 211 milliards d’aides aux entreprises (voir plus haut)

Tout cela sans compter la suppression de l’ISF, l’instauration de la flat taxe, la suppression de la taxe d’habitation, « le quoi qu’il en coute » non ciblé au moment du covid.

          L’argent n’est pas perdu pour tout le monde entre les paradis fiscaux et les actionnaires. Concernant ces derniers rien qu’en France, l‘enquête parue dans le magazine Alternatives économiques du mois de mars 2026 montre que « les entreprises du CAC40 ont reversé l’année dernière 107 milliards d’euros à leurs actionnaires ».

 Une autre étude, publiée par l’Institut français de gouvernement des entreprises, met en évidence l’évolution du versement des dividendes entre 1995 et 2024 des 120 plus grandes entreprises françaises cotées en bourse. Là aussi le constat est saisissant : « ces versements sont passés de 4 milliards d’euros en 1995 à 85 milliards d’euros en 2025. Cela correspond à une augmentation annuelle moyenne de 11%, un taux 3 fois supérieur au taux 4m1oyen de croissance de l’économie française sur la période ».

En résumé, un budget en déséquilibre chaque année (non compensé par des prêts auprès de la banque de France depuis 1973)  oblige à emprunter sur les marchés financiers. Le poids des intérêts de la dette devient l’instrument n°1 pour faire pression sur les besoins sociaux et pour contribuer à enrichir les spéculateurs sur les dettes publiques.

Les solutions pour Attac – nous n’abordons pas les questions vives type « la fuite des capitaux », « ce qu’autorise le droit européen », « la compétitivité des entreprises » qui sont intégrées à nos propositions :

  • Un audit citoyen sur la dette publique
  • Geler ou annuler une partie de la dette
  • Sortir de l’emprise des marchés financiers en favorisant l’utilisation de l’épargne des français (pour info la dette s’élève à 3.600 milliards et est détenue pour 60% par des marchés non français. Dans le même temps l’épargne des français s’élève à 5.800 milliards
  • Mais surtout une progressivité des impôts sur les revenus avec l’instauration de nouvelles tranches (voir fiche annexe : Combien l’Etat perd chaque année par la baisse d’impôts sur le revenu pour les plus riches ?
  • Progressivité sur l’impôts sur les sociétés (en y intégrant les critères sociaux et environnementaux)
  • Progressivité des droits de succession

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